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Jacques-Pierre-Jean Rousseau (1733-1801)

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Biographie :

Issu d’une dynastie angevine évoluant dans la sphère judiciaire, Jacques Pierre Jean Rousseau nait à Saumur en 1733. Il quitte sa ville natale pour Paris en 1752 où il entre à l’École des ponts et chaussées. Formé au métier d’ingénieur des routes, celui que l’on appelle communément Jean Rousseau est désigné en 1757 pour servir en Picardie, région qu’il ne quittera plus. Vingt-deux ans plus tard, il démissionne des Ponts et Chaussées et reçoit en 1779 la charge d’ingénieur municipal d’Amiens qui participe au vaste mouvement d’embellissement des villes en France au siècle des Lumières. Sans pouvoir égaler le faste de Paris, les autorités locales se consacrent à la construction, à la réparation et à l’entretien d’un certain nombre d’ouvrages publics de la capitale picarde. Jean Rousseau est alors l’architecte pressenti par l’intendant Bruno d’Agay pour y élever – tout comme à Abbeville – les derniers grands édifices de l’Ancien Régime : fontaine, salle de spectacle, place, halle au blé, etc.

Sa carrière se poursuit ensuite pendant la période révolutionnaire : nommé à la fois ingénieur-architecte de la province de Picardie et directeur des fontaines publiques d’Amiens en 1789, il devient ingénieur-architecte du tout jeune département de la Somme en 1790. Si la continuité des différentes maîtrises d’ouvrage lui garantit une activité permanente jusque sous le Consulat, il préside également à l’organisation des nombreuses fêtes et cérémonies publiques. Une autre activité majeure de Jean Rousseau sous la Révolution concerne la cathédrale Notre-Dame d’Amiens qu’il aime d’un amour passionné, engageant pour la sauver du vandalisme, une campagne farouche qu’il mène avec une ardeur extrême.

Son travail pour les tribunaux et les prisons vaut, en revanche, plus par l’intérêt documentaire de ses dessins que par ses constructions dont l’exécution est réduite au minimum, faute de crédits. Ces projets témoignent néanmoins d’une politique qui se préoccupe de rendre la détention plus juste et plus humaine. La municipalité et l’État se montrent toutefois réticents devant de nombreuses propositions de Jean Rousseau qui ne sont finalement pas réalisées.

Durant toute sa carrière, possibilités financières et vicissitudes politiques ont compromis largement son œuvre public. Il dut en être de même sur les chantiers privés pour lesquels l’homme de l’art était aussi tributaire des goûts et des moyens de commanditaires. Heureusement l’extraordinaire château de Saint-Gratien est parvenu jusqu’à nous et témoigne toujours de sa contribution majeure à l’architecture privée.

Jean Rousseau meurt le 11 novembre 1801 en plein préparatif des célébrations de la Paix d’Amiens, ayant donné durant plus de quarante ans la pleine mesure de ses talents d’ingénieur et d’architecte. C’est enfin un bel exemple de mobilité sociale, rapide et pleinement réussie, réalisé sous le signe de la technique et de l’art.

Citer ce document:

“Jacques-Pierre-Jean Rousseau (1733-1801),” L'Armarium, consulté le 1 octobre 2020, https://www.armarium-hautsdefrance.fr/document/17092.

Nom et Prénom : Jacques-Pierre-Jean Rousseau (1733-1801)

Date de naissance : 1733

Date de décès : 1801

Lieu de naissance : Saumur

Profession(s) : Ingénieur, Architecte